Vous êtes cordialement invités à participer au Colloque « Soins et hospitalité : accueillir la fragilité et la vulnérabilité pour humaniser le monde », qui aura lieu à l'Université Laval (Québec), les 25 et 26 mars 2026.
Ce colloque vise à offrir une réflexion approfondie sur les pratiques de soin et d’hospitalité comme réponses éthiques à la fragilité et à la vulnérabilité humaines. En croisant des perspectives philosophiques, théologiques, sociales et cliniques, il cherche à repenser le soin et l’accueil non comme de simples dispositifs techniques ou institutionnels, mais comme des relations fondatrices capables de restaurer la dignité et de contribuer à l’humanisation du monde. Dans un contexte marqué par des logiques de performance, d’efficacité et de technicisation, le colloque souhaite ouvrir un espace critique pour interroger la place accordée à la vulnérabilité — maladie, handicap, vieillissement, souffrance psychique, prostitution, pauvreté ou précarité, migration — et réfléchir à des pratiques de soin et d’hospitalité qui reconnaissent cette fragilité comme une dimension constitutive et universelle de la condition humaine.
Cette activité est organisée par la Chaire de leadership en enseignement Marie-Fitzbach en pastorale et éthique sociales (UL) en collaboration avec la Chaire de leadership en enseignement en missiologie protestante évangélique (UL).

Participation gratuite sur inscription (obligatoire)
avant le 15 mars 2026.
Pour s'inscrire, cliquez ici.
Les activités du Colloque auront lieu dans la Salle ADJ-2326 du Pavillon Alphonse-Desjardins (2325, rue de l'Université, Québec, QC, G1V 0A6).
Pour plus informations : cle.ethique.sociale@gmail.com
Problématique du Colloque
Ce colloque interdisciplinaire propose une réflexion approfondie sur les pratiques de soins et d’hospitalité comme réponses éthiques à la fragilité et à la vulnérabilité humaines. En croisant perspectives philosophiques, théologiques, sociales et cliniques, il examine les conditions d’un accueil authentique de l’autre, pensé non comme acte technique, mais comme relation fondatrice capable de restaurer la dignité et de contribuer à l’humanisation du monde.
Les sociétés contemporaines se trouvent confrontées à une tension profonde : d’une part, une aspiration croissante à la maîtrise, à l’efficacité et à la performance ; d’autre part, la persistance irréductible de la fragilité et de la vulnérabilité humaines. Maladie, handicap, vieillissement, souffrance psychique, pauvreté, itinérance, isolement social ou migration forcée rappellent que l’existence demeure marquée par la dépendance et l’incertitude. Pourtant, ces réalités tendent souvent à être reléguées aux marges du visible, traitées comme dysfonctionnements à corriger plutôt que reconnues comme des dimensions constitutives de la condition humaine.
Dans ce contexte, les notions de soins et d’hospitalité apparaissent comme des lieux privilégiés d’interrogation critique. Historiquement enracinées dans des traditions éthiques, religieuses et humanistes, elles renvoient à des pratiques de reconnaissance, d’accueil et de responsabilité envers autrui. Or, ces pratiques se trouvent aujourd’hui profondément reconfigurées par des logiques institutionnelles, économiques et technoscientifiques qui tendent à transformer le soin en prestation standardisée et l’hospitalité en dispositif conditionnel.
Le soin occupe une place ambivalente dans les sociétés contemporaines. Si les progrès en médecine et en technologie ont permis des avancées majeures dans la lutte contre la maladie et la souffrance, l’accroissement de la technicisation du domaine médical pourrait entraîner une réduction de la relation de soin à une suite d’actes fonctionnels, mesurables et optimisables. Lorsque le soin se détache de l’écoute, de la présence et de la reconnaissance de la singularité de la personne, il court le risque de devenir déshumanisant, tant pour celui qui le reçoit que pour celui qui le prodigue. Cette tension incite à reconsidérer le soin comme une relation éthique exigeant la responsabilité, la réciprocité inégale et l’attention à l’altérité. Quelles conceptions de l’humain sous-tendent les pratiques contemporaines de soin ? Comment comprendre la vulnérabilité non comme un échec, une anomalie ou une déficience à éliminer, mais comme une condition relationnelle ouvrant à la solidarité et à la responsabilité ?
Fréquemment évoquée dans les discours politiques, sociaux et religieux, l’hospitalité se présente comme une notion à la fois centrale et fragile, et se heurte rapidement à des obstacles pratiques lorsqu’il s’agit d’accueillir des étrangers ou ceux qui contreviennent aux normes établies. Accueillir ne se limite pas à offrir un espace ou une aide matérielle, mais implique une ouverture à une remise en question de soi, de ses limites et de ses zones de confort. L’hospitalité authentique suppose une ouverture à l’imprévisible et une disponibilité à être transformé par la rencontre. Dans des sociétés marquées par la peur de l’insécurité ou de la perte de contrôle, cette ouverture est souvent remplacée par des formes d’accueil conditionnel, temporaire ou instrumentalisé.
La problématique du colloque s’articule ainsi autour d’une question fondamentale : comment penser et pratiquer le soin et l’hospitalité comme des réponses éthiques à la fragilité et à la vulnérabilité, plutôt que comme des mécanismes de gestion ou de normalisation ? Cette question implique de reconnaître que la vulnérabilité n’est pas l’apanage de certains groupes marginalisés, mais une dimension universelle de l’existence humaine. Elle invite à dépasser une conception paternaliste du soin et de l’accueil, pour envisager des relations où la dépendance constitue un lieu possible de reconnaissance mutuelle. Dans cette perspective, accueillir la fragilité signifie accepter l’idée que le soin et l’hospitalité ne sont jamais neutres. Ils engagent des choix anthropologiques, éthiques et politiques qui reflètent une certaine conception de l’humain et du vivre-ensemble. Refuser ou invisibiliser la vulnérabilité revient à nier la dignité de ceux qui en font l’expérience la plus manifeste. À l’inverse, reconnaître et accueillir la fragilité peut devenir un acte de résistance face aux logiques de performance et d’exclusion, en réaffirmant la valeur intrinsèque de toute personne, indépendamment de son utilité sociale ou économique.
L’apport des traditions théologiques constitue un lieu privilégié pour approfondir la réflexion sur les soins et l’hospitalité, en particulier lorsqu’il s’agit d’accueillir la fragilité et la vulnérabilité comme dimensions constitutives de l’humain. Dans les traditions bibliques, la vulnérabilité devient souvent un lieu de révélation, de relation et de responsabilité. L’attention portée aux pauvres, aux malades, aux étrangers, aux veuves et aux orphelins traverse l’ensemble des Écritures et inscrit le soin et l’hospitalité au cœur de l’expérience de foi. Dans la tradition judéo-chrétienne, l’hospitalité apparaît comme un acte théologique majeur : accueillir l’autre, c’est toujours, d’une certaine manière, accueillir Dieu lui-même. Cette dynamique confère au soin une portée qui dépasse la compassion, pour devenir une pratique spirituelle et éthique engageant la totalité de la personne et de la communauté. La figure du Christ, dans sa proximité avec les corps souffrants et les marges sociales, invite à penser le soin comme une présence incarnée où la vulnérabilité devient lieu de communion plutôt que de séparation.
Par ailleurs, la théologie contemporaine a largement contribué à repenser la vulnérabilité non comme une faiblesse à surmonter, mais comme une condition partagée ouvrant à une éthique de l’interdépendance. Cette perspective permet de dépasser une vision individualiste du soin et de l’hospitalité, pour les inscrire dans une logique communautaire et politique : nul ne se suffit à lui-même, et la dignité humaine se construit dans des relations de soin mutuel, marquées par l’asymétrie, la responsabilité et la gratuité.
La problématique du colloque comporte une dimension institutionnelle et politique essentielle. Les systèmes de santé, les structures d’accueil, les politiques migratoires et sociales jouent un rôle déterminant dans la manière dont la vulnérabilité est reconnue ou ignorée. Lorsque les institutions privilégient des critères d’efficacité et de rentabilité au détriment de l’attention aux personnes, elles reproduisent des formes de violence symbolique et d’exclusion. D’autre part, les institutions capables d’encourager des pratiques de soins et d’hospitalité humaines peuvent devenir des catalyseurs de transformation sociale. Pour réfléchir à ces questions, il est essentiel de s’appuyer sur des exemples concrets. De quelle manière les communautés et les institutions du soin peuvent-elles devenir des lieux de résistance à la déshumanisation, en créant un espace de sens et de reconnaissance et en réaffirmant la centralité de la personne vulnérable comme sujet, et non comme objet de prise en charge ? Quel type d’humanité est promu lorsque le soin est réduit à une prestation ou l’hospitalité à un dispositif conditionnel ? Comment former les professionnels et les acteurs du soin à une éthique relationnelle qui considère la vulnérabilité comme un enjeu central ? Comment l’hospitalité peut-elle se traduire dans des gestes quotidiens capables de transformer les relations et de créer des communautés plus inclusives ?
En définitive, ce colloque entend examiner les soins et l’hospitalité non seulement comme des réponses ponctuelles à des situations de fragilité et de vulnérabilité, mais comme des manières d’habiter le monde et de concevoir le vivre-ensemble. Accepter sa vulnérabilité, loin d’être une preuve de faiblesse, peut s’avérer un geste fondateur pour humaniser les liens, renforcer la solidarité et découvrir de nouveaux sens dans un monde en proie aux incertitudes et aux fractures. De ce point de vue, la fragilité et la vulnérabilité deviennent des terrains propices à l’épanouissement et à l’humanisation du monde.
Programme du Colloque
Résumés des conférences
Le Colloque en images






















































Partenaires de l'activité :
- Institut d’étude et de recherche théologique en interculturalité, migration et mission (Montréal)
- Institut protestant de théologie de l’Église Unie du Canada (Montréal)
- Association catholique d’aide à l’Orient (CNEWA, Canada)
- Centre canadien d’œcuménisme (Montréal)
- Centre Dina-Bélanger (Québec)
- Institut d'éthique appliquée, Université Laval (Québec)
- Conseil du statut de la femme (Québec)
- Le Monastère des Augustines (Québec)
- Magazine Rencontre (Revue du Centre culturel chrétien de Montréal)
- Centre social d’aide aux immigrants (Montréal)
- Fondation du Grand Séminaire de Montréal
- Communauté de recherche sur les enjeux africains de la FTSR (CREAT-ULaval)
- Service de Référence en Périnatalité pour les Femmes Immigrantes de Québec




